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Pour en savoir plus sur les plantes messicoles en Midi-Pyrénées
![]() Solagro participe depuis 2005 avec d'autres partenaires à un programme d'études et d'animation sur nos fleurs des champs et des moissons. Elles sont en effet dans une situation paradoxale.
Quelques espèces ont jusqu’ici résisté aux pratiques agricoles intensives, et vont jusqu’à proliférer. Les plus fragiles, de loin les plus nombreuses s’éclipsent, s’éteignent, ou colonisent des milieux refuges, faute de mieux. En 1999, le ministère de l'Ecologie publie un inventaire : sur 150 espèces inféodées aux cultures, 57 sont en situation précaire et 30 sont à surveiller. Pourquoi les surveiller ? Pourquoi et comment les protéger, alors que tout agriculteur en agriculture conventionnelle ou en agriculture bio, met tout en œuvre (en douceur ou pas) pour ne pas se laisser déborder par ces compétitrices hors pair ! Héritage d’une proximité et d’une compétition millénaire entre l’agriculture et la nature, ces « mauvaises » herbes - bleuets, nigelles, adonis, coquelicots, tulipes sauvages font partie de notre patrimoine biologique, paysager, et culturel. Le monde des messicoles est d’une grande complexité. Les méthodes de lutte – douces ou brutales – les impactent de manière tout aussi complexe. Si les pratiques extensives et agro-écologiques - comme l’agriculture biologique, la lutte biologique - semblent être de bonnes garantes du retour des messicoles, d’autres stratégies sont à imaginer à court et moyen terme : réservation de marges en bord de champs, création de jachères : toutes stratégies qui reposent en premier lieu sur le bon vouloir d’agriculteurs , et d’apiculteurs. Les collectivités commencent elle aussi à investir le sujet, et acceptent de réserver quelques espaces aux messicoles, ce qui n’est pas sans poser la question du contrôle de l’origine des plantes. Pour certaines espèces, les actions de conservation arrivent trop tard. Le seuil de résilience est dépassé. Dans ce cas, il faut recourir aux techniques de conservation des graines ex-situ –par le froid, comme c’est le cas pour certaines tulipes, en veillant toutefois à conjuguer « conservation ex situ et in situ pour ne pas briser la chaîne adaptative ». Depuis 2005, un programme en Midi-Pyrénées En Midi-Pyrénées, le conservatoire national botanique des Pyrénées et de Midi-Pyrénées démarre en 2005 un programme de trois ans, qui vient d’être reconduit. La finalité : comprendre pour mieux protéger les messicoles, et plus largement toutes les fleurs et plantes remarquables des champs, des vignes et des vergers, qu’elles soient annuelles ou vivaces. Inventaires naturalistes, cartographie, repérage de zones privilégiées de répartition, création d’un réseau d’observation, étude sur l’opportunité de créer une filière de production de semences locales de messicoles, création d’une exposition : le bilan du programme au bout de trois ans insiste sur la nécessité de rentrer dans une phase opérationnelle, tout en poursuivant les analyses de terrain. C’est dans cette optique qu’est engagé le deuxième volet du programme Messicole (2008-2010). ![]() Exposition messicoles, présentée au Jardin des Plantes de Toulouse
Solagro est l’un des partenaires associés au conservatoire botanique depuis le démarrage de ce programme aux côtés de 3 parcs naturels régionaux, de 6 associations naturalistes, du Conservatoire régional des espaces naturels, de l’ADASEA Midi-Pyrénées.
Notre mission porte sur un repérage des liens (éventuels) entre les systèmes agricoles et les pratiques (tri des semences, densité des semis, désherbage chimique, fertilisation, semi-direct, non labour, labour profond) et la présence de plantes messicole (espèces, densité, abondance, répartition, état des populations). Solagro a donc suivi 8 exploitations en détail et analysé une centaine de fiches parcelles (agronomique et botanique), afin de rassembler des éléments d’état des lieux, étape préalable à la mise au point de protocoles plus fins d’analyse. Le rôle potentiel de ces messicoles dans la lutte biologique et la pollinisation sera aussi étudié. Encore une histoire de pétrole ? L’intensification des traitements herbicides est certainement le facteur explicatif principal de la disparition des messicoles. Les cultures OGM sont une autre menace, dans la mesure où elles sont conjuguées avec des traitements d'herbicide à spectre d'action très large auxquels sont sensibles la majorité des plantes des moissons.
Favorisées par la hausse du prix des énergies fossiles et déployées dans une optique de reconquête de la fertilité des sols, les techniques de travail simplifiées du sol - semi-direct, non labour se développent. Comment ces techniques vont-elles influer sur le stock de semences de messicoles présentes dans le sol, sur leur multiplication, sur leur cycle biologique ? De même, la diminution probable de la fertilisation, grosse consommatrice d’énergie est susceptible de favoriser les messicoles. L’abandon du gel des terres va entraîner un recul de la jachère agronomique qui était favorable aux messicoles. Sans parler des facteurs encore plus exogènes. Les fluctuations des prix des céréales devraient avoir une incidence sur la sole réservée aux céréales, et indirectement sur les messicoles, notamment par les exploitations en polyculture élevage. En effet, les champs de céréales voués à l’autoconsommation par le troupeau sont souvent gérés de manière plus extensive et sont plus favorables à la présence de messicoles. Pour en savoir plus, consultez:
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