Energie
L’actualité
Centrales solaires photovoltaïques au sol : retours sur la conférence du 5 mars 09 organisée par SOLAGRO.
Présentées en mars 2009 au cours d'un séminaire professionnel (40 participants) et d'une conférence publique qui a fait amphi presque comble (200 personnes), les interventions (Voir-dessous) répondent tout ou partie aux questions suivantes : Le photovoltaïque (PV) au sol est-il incontournable pour diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre sans nucléaire ? Quel équilibre entre PV des villes, PV des friches et des champs ? Quelles surfaces allouer aux centrales solaires sans exacerber des concurrences d’usages des terres ? Que représentent-elles au regard d’autres immobilisations ? Quels impacts et comment les limiter ? Quels bilans écologiques et énergétiques de la filière PV ? Qu'espérer de la recherche ? Les éléments de réponse apportés par nos invités ne construisent pas une vérité figée. Nous sommes persuadés qu'ils vont permettrent à chacun de se construire une opinion, sur un sujet ... qui commence à agiter le monde rural.
Marc JEDLICZKA (HESPUL) a exposé les enjeux, les performances, le potentiel de développement et ... les difficultés
, appuyé en cela par Christian COUTURIER (SOLAGRO) sur la place du PV dans le scénario négaWatt
.
De 0,2 TWh en 2010, 12 TWh en 2030 , 65 TWh en 2050 - autant que la grande hydraulique aujourd'hui - pour 10 % de la consommation finale d'électricité, telle pourrait être la ligne du vie du PV en France. Cette part relative de 10 % suppose une réduction de la demande et la mise au rebut des appareils et technologies les moins efficaces. Autre facteur clé : une refonte des tarifs d'achat de l'énergie produite par le PV. La grille tarifaire mise en place il y a deux ans a fait décoller la filière. Mais elle oriente les projets sur le "neuf" via une prime à l'intégration "architecturale ". Elle freine ainsi le développement du PV sur les toits et les façades existantes, lesquelles représentent le plus fort potentiel. HESPUL milite pour un tarif unique, en capacité de démocratiser le PV et d'arriver à la parité avec le réseau. HESPUL a, chiffes à l'appui, évacué quelques rumeurs curieusement persistantes : avec un temps de retour énergétique de 2,5 à 4 ans selon les implantations, le PV n'a pas à rougir de son écobilan. D'autant que la recherche nous promet une baisse des coûts et une amélioration de la productivité.
Les centrales PV au sol face aux autres utilisations de l'espace en France 
par Philippe Pointereau (SOLAGRO). Pavillons et autoroutes contre centrales solaires au sol : le plus gros mangeur d'espace n'est pas celui que l'on croit. PV contre agrocarburant : c'est pour qui le meilleur écobilan ? Nécessaire, inéluctable, le développement du PV doit toutefois s'intégrer dans les politiques concertées de territoire.
Dans l'attente d'une réglementation adaptée à une filière émergente, les études environnementales et paysagères d'Abies montrent que les contraintes sont maîtrisables et que les voies de valorisation des espaces llibres autour des capteurs (2/3 de l'emprise environ) sont réelles, bien qu'à approfondir. Qu'en pensent les moutons qui trouvent ombrage sous les capteurs ? Pour obtenir l'intervention d'Abies 
En guise de conclusion : Les centrales solaires au sol ne vont pas tramer de gris des milliers et des milliers d'ha, encore moins la France entière. Le développement du PV au sol est à considérer au regard des difficultés traversées par le monde rural. Mais priorité doit être donnée aux projets situés hors terres agricoles (friches, espaces situés en bord de voie). Les surfaces susceptibles à terme (2050) d'être couvertes par des capteurs représenteraient en ordre de grandeur 10 000 ha de modules, pour une emprise au sol de 30 000 ha : des surfaces minimes comparées aux 60 000 ha urbanisés de manière irréversible par les maisons individuelles, les infrastructures, et cela TOUS les ans.
Photo ABIES, Sylvain Albouy.