Energie
L’actualité
L’amendement qui saborde le Grenelle ou le scandale du chauffage électrique
Réseau Action Climat / Les Amis de la Terre / Greenpeace / WWF / CLER*
Paris, le 3 octobre 2008
A l’occasion de l’examen par l’Assemblée Nationale du texte de loi « Grenelle 1 », nous assistons à une nouvelle tentative pernicieuse d’affaiblir la réglementation future sur la consommation d’énergie des bâtiments. Le bâtiment est un secteur clé pour l’avenir énergétique de notre pays et ses émissions de gaz à effet de serre, les marchandages en cours doivent immédiatement cesser.*
Alors que l’important travail mené lors des tables rondes du Grenelle a permis d’aboutir à un consensus subtil, un amendement visant à « sauver le chauffage électrique » vient menacer la cohérence des textes de loi.
Après de multiples tentatives repoussées lors des travaux préparatoires
du Grenelle par la grande majorité des parties prenantes, les tenants du bâtiment peu efficace et cher à l'usage reviennent par la fenêtre.
L’amendement de M. OLLIER, adopté en commission des affaires économiques, pourrait se traduire, dans les faits, par un seuil de consommation d’énergie de 140 % plus élevée que celui proposé lors de la table ronde finale du Grenelle de l'Environnement d'octobre 2007.
En effet, s'il est « légal » de construire des bâtiments consommant 120 kWh/m2/an en lieu et place de la norme de 50 kWh/m2/an retenue par tous et ce, à condition qu’ils soient équipés de chauffage électrique, nul besoin d’être visionnaire pour comprendre que le marché du neuf sera complètement orienté vers des performances au rabais.
Or, construire des bâtiments peu efficaces demain c’est se contraindre à consommer beaucoup plus d’énergie pour le siècle à venir et à maintenir un parc de production électrique surdimensionné pour faire face à la demande.
Les conséquences d’une telle mesure seraient graves tant du point de vueenvironnemental que social et économique. Contrairement à des idées trop
répandues, le chauffage électrique est fortement émetteur de gaz à effet
de serre, il coûte cher à la société dans son ensemble et aux familles les plus modestes en particulier. L'urgence est la diminution massive de la consommation d’énergie de nos logements, sans traitement de faveur pour certaines technologies.
La force du Grenelle repose sur des objectifs ambitieux agréés par toutes les parties prenantes. Les multiples manigances en cours, au travers d’amendements et de modifications de la manière de comptabiliser l’électricité, doivent être prises pour ce qu’elles sont : une magouille pour favoriser le « tout électrique » et la médiocrité
énergétique dans les logements de demain.
Les associations signataires de ce communiqué en appellent à la sagesse
des parlementaires : ne tuez pas le Grenelle !
Contact presse :Cyrielle den Hartigh - Les Amis de la Terre – Tél : 06.10.81.59.59
Raphaël Claustre – CLER – Tél : 06.03.85.87.96
Fréderic Marillier – Greenpeace – Tél : 06.73.89.55.04
ADEME & RTE, Le contenu en CO2 du kWh électrique : Avantages comparés du contenu marginal et du contenu par usages sur la base de l’historique, 2007. Cette étude estime une émission de gaz à
effet de serre du chauffage électrique comprise entre 500 et 600 gCO2/kWh