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Biocarburants :produire bien plus que des carburants liquides |
ici, d'autres infos sur les agroénergies et biocarburants (2006) Poussés par la directive européenne «Biocarburant» qui fixe pour 2010, un objectif de couverture de la consommation nationale de carburant à hauteur de 5,75 % par des biocarburants, le plan climat 2004 et le projet de loi d’orientation énergétique affichent des objectifs ambitieux. D’autant plus que nous partons en effet de rien, ou presque (1%) si ce n’est que la France est l’un des seuls pays européens à avoir développé toutes les filières!: biodiesel, éthanol, ETBE. Sur le terrain, entre «pro» et «anti », chacun affûte ses arguments. Mais le débat est-il posé dans les meilleurs termes !? Invariablement, il se décline autour des ratios énergétique (Tableau 3). Des ratios qualifiés le plus souvent d’insuffisants au regard des autres bioénergies. Mais cette hiérarchisation des bioénergies selon leur contenu énergétique final, occulte le fait qu’elles ne sont pas interchangeables dans leurs usages. Que la terre est rare, et l’énergie aussi. Que ce n’est pas demain que l’on va remplir les réservoirs de nos voitures avec du bois ou de la paille. C’est à usage égal – chaleur, carburant - qu’il faut les comparer. Revenons donc à nos biocarburants. Tous ont un ratio supérieur à celui du pétrole!! Donc, du point de vue de l’énergie, tous sont pertinents. Ce que ne disent pas par non plus en l’état ces ratios, c’est qu’un tiers à peine du contenu énergétique des cultures est valorisé, parce que valorisable sous forme de carburant liquide. Si l’on valorise, via la méthanisation ou la combustion, les deux tiers restants - pailles, résidus, grains déclassés... - (avec toutes les précautions nécessaires pour assurer un retour de matière organique au sol) le bilan énergétique prend un sérieux coup de fouet.Autrement dit, centrer le débat sur les seuls biocarburants est un piège, qui masque l’énorme potentiel que représentent les cultures énergétiques dans leur globalité. Les premiers pouvant devenir, un sous-produit des secondes. L’huile brute par exemple, produit des tourteaux qui participent d’ores et déjà à l’autonomie alimentaire -et donc énergétique - des exploitations. Mais son potentiel est lui aussi bien plus large, puisqu’elle pourrait être aussi utilisée comme combustible, et alimenter des chaudières. En résumé, l’éthanol et le biodiesel ne sauraient concentrer l’essentiel des budgets. 180 millions d’euro d’aides sous forme de défiscalisation, pour 400.000 tep produites!: l’aide à la tep est la plus élevée de toutes les énergies renouvelables. Ce qui est en cause n’est pas tant ce niveau d’aide – car, le bilan macroéconomique pour la France reste positif!– mais le fait que les autres filières «!bioénergies!» qui présentent des avantages énergétiques, environnementaux et sociaux supérieurs, ne bénéficient pas, et de loin, de ce même taux. Le problème aujourd’hui est donc l’absence de volonté politique pour débloquer des budgets supplémentaires pour le développement de TOUTES les bioénergies. Enfin, il va sans dire que les cultures énergétiques doivent être cultivées dans le plus grand respect de l’environnement, avec des intrants limités au minimum. Sous peine, non seulement de les mettre au ban de la société, mais aussi de minorer leur bilan énergétique. Ce qui nous ramènerait à la case départ. Isabelle MEIFFREN Article publié en 2004 Rendements tep produites/tep consommées Bois 15 à 150 Paille combustible!: 6 à 8 Huile brute végétale (colza ou tournesol): 5 à 6 Biogaz-carburant!: 4 à 5 Biodiesel 2 à 3 Bioéthanol 1,2 à 1,6 Gazole, essence : 0,9 Haut de page Page suivante : Grenelle : nos propositions sur les bioénergies. |
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