
  |  Lettre envoyée à mesdames et messieurs les députés de Midi-Pyrénées - le 21/03/05 La Loi d’orientation sur l’énergie doit passer très prochainement (le mercerdi 23 mars vraisemblablement), en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Membre du « Comité de Liaison des énergies renouvelables » et affiliée à France Nature Environnement, notre association qui travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables était déjà extrêmement réservée sur le texte adopté en première lecture. Quelques jours à peine avant son passage en seconde lecture, nous sommes consternés de découvrir que des amendements vont être déposés au motif que le développement actuel de l’éolien en France se ferait au détriment de la préservation des paysages.
S’ils étaient adoptés, ces amendements – N° 133 et N°152 principalement - se traduiraient pas l’arrêt de tout développement de cette forme d’énergie en France. Ainsi, la création de « zones de développement de l’éolien » pose des contraintes de définition des périmètres en effet insurmontables, y compris pour les territoires qui souhaitent favoriser cette énergie. De plus, en réservant l’obligation d’achat de l’énergie aux parcs de plus de 30 MW, la quasi-totalité des projets étudiés depuis de nombreuses années serait abandonnée. Cet amendement enlèverait en effet toute rentabilité aux opérations de moyenne puissance. Ce sont les seules à se développer actuellement en France malgré des règles d’implantation de plus en plus contraignantes.
La France, qui se singularise déjà par son sous-développement – à peine 400 MW éolien installés - arrivera-t-elle à atteindre les objectifs maintes fois fixés par le gouvernement : 10 000 MW installés en 2010 ? Comment allons-nous respecter la Directive européenne « Electricité d’origine renouvelable » qui nous impose de consommer d’ici à 2010, 21 % d’électricité d’origine renouvelable ? En l’important ?
Alors que de canicule en vague de froids, le système de production électrique français, hyper centralisé, montre toute sa fragilité, nous estimons qu’il serait dommageable de se priver d’une opportunité majeure de diversification de nos approvisionnements, avec des énergies propres et renouvelables, dont l’éolien.
Aussi, SOLAGRO appelle tous les parlementaires à ne pas prendre de décision susceptible de nuire au développement de l’énergie éolienne en France et aux emplois qui en dépendent : 2000 aujourd’hui pour un potentiel estimé à 20 000 d’ici à 5 ans . De même, nous espérons que dans sa version finale, la loi nous orientera enfin vers une politique énergétique basée sur la réduction de la demande, et non sur l’accroissement de l’offre, conjointement au développement soutenu de « toutes » les énergies renouvelables.
Alain SALCEDO Président de SOLAGRO
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