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  |  Communiqué de presse du 9 juillet 2004
43 demandes d’expérimentation OGM de pleins champs autorisées en Midi-Pyrénées par l’Etat ; levée du moratoire européen sur les cultures OGM à destination de l’alimentation humaine qui va permettre leur implantation à grande échelle : ces décisions soulèvent à SOLAGRO les plus vives inquiétudes.
Malgré les précautions affichées pour les essais ou cultures de pleins champs, la contamination, par dissémination pollinique directe ou par des semences elles-mêmes contaminées, est une réalité avérée depuis plusieurs années. Rappel : en 2000, aux USA, 1 % de maïs transgénique Starlink (d’ailleurs non autorisé) a suffi à contaminer près de la moitié de l’approvisionnement national ! Ce dérapage qui a coûté 1 milliard de dollars à Aventis, rentre dans la longue liste des « incidents » constatés un peu partout dans le monde et soigneusement répertoriés par l’association Inf’OGM.
Sans rentrer dans les discussions d’experts sur les seuils « acceptables », ces risques de contaminations font peser de graves menaces économiques sur les filières de production engagées dans la protection de l’environnement : agriculture biologique, agriculture durable et paysanne, certaines productions Label Rouge, lait ou viande commercialisés sous la marque « Produit de parc naturel régional ». Ces filières ont en effet clairement décidé de ne pas recourir aux OGM.
En cas de contamination accidentelle, quelles protections économiques pour ces agriculteurs qui souhaitent, via une traçabilité exigeante, garantir des productions non OGM, répondant ainsi à la demande d’une majorité de consommateurs ?
Mais les risques ne sont pas uniquement économiques. Ils sont aussi écologiques. L’introduction de gènes permettant aux cultures de résister aux herbicides (essentiellement le glyphosate) ou de produire elle-même leur insecticide grâce au gène « BT », gène actif contre la pyrale et ou le charançon, n’est pas une solution acceptable. Ces cultures OGM - qui représentent 99 % des surfaces OGM cultivées dans le monde - vont favoriser le développement des « mauvaises herbes » et des insectes les plus résistants. Constatées aux Etats-Unis, ces résistances ont conduit à la mise en place de zones refuges sans culture OGM, pour maintenir des populations non résistantes.
Pour SOLAGRO, qui travaille depuis 20 ans sur les systèmes agricoles plus respectueux de l’environnement, l’agroécologie est une voie trop peu étudiée et développée. De nombreux travaux confirment pourtant qu’il est possible de s’affranchir progressivement de tout ou partie des pesticides, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des bombardements de gènes et de molécules miracles dans un cadre scientifique imparfaitement maîtrisé.
L’agroécologie, à l’image des orientations prises par l’agriculture durable, paysanne, ou biologique, c’est tout un ensemble de principes et pratiques agronomiques, fortifié par des années de recherche scientifique et technique. Que trouve-t-on dans la palette des outils mis à disposition des agriculteurs engagés dans cette voie ? Des outils de prévention : diversification des assolements, choix de cultures en adéquation avec les potentialités locales, maintien de haies autour des parcelles pour offrir le gîte et le couvert à une faune susceptible de contenir les pullulations de ravageurs, recours à des variétés naturellement résistantes ou tolérantes. On y trouve aussi des moyens de lutte plus sophistiqués, quand les mécanismes de régulation naturels ne suffisent plus : lâchers d’insectes auxiliaires comme le trichogramme contre les œufs de la pyrale du maïs, lutte par confusion sexuelle, pour n’en citer que quelque uns.
Entendons-nous bien : l’agroécologie, ce n’est pas un retour au passé, c’est une voie d’avenir, qui manque cruellement de reconnaissance et de moyens. C’est aussi une agriculture qui respecte le droit fondamental des consommateurs de choisir et de disposer d’une nourriture saine, dans un environnement préservé.
Alain SALCEDO Président de SOLAGRO.
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