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L'heure du ''bocage énergie'' |
Notre bocage, partout où il ne recule pas, vieillit faute d’entretien. Doit-on s’en plaindre ? Ce n’est certes pas un signe de bonne santé de nos campagnes. Pourtant, bien des arguments, confortés par des initiatives prometteuses quoique trop dispersées, militent pour une reprise en main à plus large échelle de notre linéaire arboré autour de la valorisation énergétique des « petits» bois d’entretien. Aujourd’hui, les haies fournissent un tiers environ du bois de feu consommé en Midi-Pyrénées, le reste provenant de l’entretien des forêts. Même si, érosion des actifs agricoles oblige, ils sont beaucoup moins nombreux qu’auparavant, les agriculteurs, seuls ou en s’entraidant, continuent bon an mal an d’entretenir leurs haies pour « faire » leur bois. Certains dégagent des compléments de revenu par la commercialisation de la part qu’ils ne consomment pas. Depuis quelques années, on assiste à un développement d’opérations groupées, qui permettent aux agriculteurs de « passer à la vitesse supérieure » que ce soit, pour couvrir leurs propres consommations (chauffage et/ou eau chaude des logements, gîtes ou ateliers de transformation) ou pour développer une activité économique plus conséquente autour du bois énergie en approvisionnant par exemple des chaufferies de collectivités… Pour la plupart, ces opérations bénéficient de la mise au point, il y a déjà une quinzaine d’années, d’un combustible qui a le mérite de la maniabilité : la plaquette ou bois déchiqueté. Issu du broyage des bois d’entretien, ce bois déchiqueté peut tout autant alimenter des chaudières automatiques individuelles que collectives. D’année en année, le nombre d’initiatives groupées mise en œuvre autour du bois déchiqueté par des agriculteurs grandit, à la faveur des progrès accomplis par les fabricants de chaudières bois. Ils proposent des matériels à hauts rendements, très peu polluants et dotés d’une autonomie de plusieurs jours, semaines, voire mois… Idem du côté des fabricants de lamiers, et broyeurs qui sont aujourd’hui en mesure de répondre à la diversité des attentes des utilisateurs. Enfin, même si leurs effets sont plus difficiles à quantifier, les démarches engagées pour garantir auprès des usagers - particuliers, mais aussi collectivités - la qualité des combustibles et la continuité de l’approvisionnement portent elles aussi leurs fruits. Ne plus arracher et replanter, c’est bien ! Entretenir l’existant c’est primordial. Ce n’est pas parce que les contraintes techniques sont pour ainsi dire résolues, à tout le moins, fortement réduites, que l’entretien des haies est un fait acquis. En dépit des facilités offertes par la mécanisation, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux à s’atteler à cette tâche qui demande du temps d’organisation et de mise en œuvre. Un temps rarement mis en balance avec les bénéfices, économiques et environnementaux qui en résultent. Autrement dit, les doutes sont tenaces et font dire au plus grand nombre « entretenir mes haies, cela en vaut-il vraiment la peine ? » Certes, des aides versées dans le cadre des ex-CTE, ont permis à des volontaires d’entretenir un total de 2200 km de haies en Midi-Pyrénées. Mais les aides sont rarement durables, et ne peuvent à elles seules changer le regard porté sur les haies et le bocage. Un linéaire qui n’est pas au mieux de sa forme. Les signes les plus visibles de cette désaffection ? En Midi-Pyrénées, l’arrachage des haies, même s’il a perdu en intensité, se poursuit. Si des données plus récentes ne sont pas disponibles, un quart du linéaire a été rayé de la carte entre 1972 et 1997, chiffres à mettre en regard avec les 300 km de haies replantées chaque année. Quant au linéaire encore en place, il n’est pas au mieux de sa forme. Il vieillit, s’épaissit, certaines haies prenant des allures de futaies. On estime que le volume de bois sur pied par m2, indicateur qui nous renseigne sur la dynamique de croissance des arbres, a augmenté de 12 % en douze ans, soit 1% par an, ce qui est loin d’être minime, pour atteindre aujourd’hui 97 m3/km de haie. Cette capitalisation de bois dans les haies, bien que très hétérogène d’un territoire à l’autre, est conforme à la tendance nationale (+ 16 %). Elle atteste en tout cas de l’abondance de la ressource. Que faire de ces haies toujours plus épaisses, plus hautes, et de plus en plus impénétrables ? Il semble bien que pour les agriculteurs, il n’y ait in fine que deux solutions : les laisser évoluer naturellement en bosquets ou bien les arracher. Des solutions radicales dont on espère qu’elles ne se généraliseront pas à l’heure où l’intérêt du bois énergie commence à être de mieux en mieux compris. De quels moyens dispose –t- on pour éviter que les agriculteurs ratent le coche du « bocage énergie » ? Le bois : la moins chère des énergies. Rappeler encore et toujours que le bois énergie, reste de loin le moins cher des combustibles pour les consommateurs. Un coût également avantageux pour les agriculteurs. Ainsi, entrée chaudière, le prix du bois de haie constaté à ce jour, varie de 16 à 26 euros/MWh TTC, selon les configurations. Des données qui restent à affiner au fil des suivis réalisés mais qui placent d’ores et déjà le coût du « bocage énergie » en deçà du prix des énergies conventionnelles.
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