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  |  Séance de l’académie d’Agriculture du 31 mars 2004
Les agricultures européennes ont intégré de manière diversifiée l’arbre dans leur système de production. Dans le Nord, l’arbre est généralement confiné dans les haies de bordure, c’est le bocage atlantique à base de chêne pédonculé. Dans le Sud, l’arbre est dans la parcelle en complant, c’est la dehesa espagnole à base de chêne vert. Ces espaces agroforestiers ont eu leur apogée au début du XX ° siècle et les différentes productions générées par l’arbre champêtre ont représenté jusqu’à 37% de la valeur du blé en 1929. Ce « bocage » n’a eu cesse d’évoluer pour répondre au nouveaux besoins et aux nouveaux contextes de l’agriculture. Après une période de fort recul dans les années 60-80, on redécouvre aujourd’hui les différentes fonctions que ces arbres assurent dans le paysage rural : lutte contre l'érosion, régulation des eaux, drainage naturel, refuge des insectes auxiliaires et pollinisateurs, abri des animaux, conservation de la biodiversité …C’est la multifonctionnalité du bocage. Celle-ci est soutenue depuis 1990 dans le cadre ses mesures agroenvironnementales mais aussi directement par les collectivités locales. Au-delà des aménités que l’arbre champêtre amène, il est important de montrer son rôle productif et fonctionnel dans les systèmes agricoles. Les haies ont par exemple un rôle important dans le maintien des auxiliaires et donc dans les stratégies de réduction des pesticides. Le bocage doit être considéré dans sa globalité et non pas seulement sous l'angle des contraintes qu’il génère aux agriculteurs.
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