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  |  L'engrais est dans le pré. Dans les Nouvelles de Solagro, N° 29 : synthèse d'une étude SOLAGRO et ENITA Bordeaux sur le ''bilan azoté de la ferme française''.
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  |  Agriculture raisonnée ou pas, nos consommations d’azote chimique augmentent. Elles sont passées de 2,1 millions de tonnes d’unités d’azote en 1992 à 2,5 millions en 2000. Cette croissance est pour partie le résultat de l’effondrement des surfaces consacrées aux légumineuses : (- 3,3 millions d’hectares depuis 1960). Une autre partie provient des excès de fertilisation. Ils sont estimés par le ministère de l’Agriculture (SCEES) à 435 000 tonnes par an sur ces 10 dernières années, par l’OCDE à 1.590.000 tonnes et par SOLAGRO/ENITAB à plus de 2 millions de tonnes. Les écarts résultent des différences de méthodes de calcul utilisées. Quoiqu’il en soit, le potentiel d’économie d’engrais azotés chimiques est important : au moins de l’ordre de 1 million de tonnes grâce à une meilleure gestion de l’azote organique '' existant '' et au redéploiement des légumineuses. Si une telle réduction des consommations d’azote chimique était effective, elle se traduirait par d’importantes économies d’énergie : il faut en effet 1,5 litres de fioul pour produire une unité d’azote. Pour les agriculteurs, les conséquences sont économiques, avec une baisse des charges en engrais de 0,57 euros (3,73 F) par unité d’azote achetée. Ce réajustement du bilan azoté éviterait aussi aux agriculteurs de payer la future redevance sur les excédents d’azote : 0,15 à 0,46 euros (1 à 3 F ) par unité d’excédent. Cela éviterait aussi aux consommateurs de payer l’eau du robinet plus cher, en raison des coûts de dénitrification (en moyenne 0,46 euros - 3 F par m3), ou d’acheter pour 3 milliards d’euros (20 milliards de francs) d’eau en bouteille. Quand au redéploiement des légumineuses, il aurait aussi pour avantage d’accroître la production de protéines dont la France est déficitaire (nous importons chaque année 4 millions de tonnes de tourteaux de soja) ! Mais cela supposerait que la Politique agricole commune soutienne clairement les légumineuses '' graines ''et '' fourragères '', ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
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