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La France se refuse à un avenir renouvelable
Contrairement à ce que laissaient entendre haut et fort de bonnes intentions gouvernementales (Plan de lutte contre le changement climatique, Plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique, doublement de la production d’électricité renouvelables d’ici 2010…), la France refuse d’intégrer les coûts environnementaux et sociaux de l’énergie et de s’orienter vers une politique de maîtrise de l’énergie et de promotion des énergies renouvelables.
En annonçant des prix d’achat de l’électricité - photovoltaïque ou issue de la biomasse (bois et biogaz ) – incohérents avec les objectifs qu’elle s’est elle même fixée, elle reste prisonnière de sa monoculture nucléaire , une énergie'' bon marché '' car, largement subventionnée par les générations passées, actuelles (et futures).
Politiquement , les argumentaires pseudo-économiques qui sous-tendent ces décisions, ne relèvent pas d’une logique de marché. Une compétition juste entre les énergies rendrait totalement dissuasive l’électricité nucléaire si son prix devait couvrir les assurances en cas d’accident, pour ne parler que d’une partie des coûts masqués (traitement des déchets nucléaires, démantèlement des centrales…). Elles ne relèvent pas plus d’une logique d’intérêt public.
Techniquement , les conditions proposées sont insuffisantes, injustifiées et inadaptées.
Comment en effet faire passer de15 à 21 % la part de l’électricité renouvelable dans la production électrique nationale si les arrêtés en cours de préparation constituent au mieux un statu quo, au pire une régression par rapport aux conditions antérieures, à tel point que l’économie de certaines installations s’en trouverait fragilisée ? A raison de 50 euros par MWhe (60 euros/MWhe dans certaines configurations), au lieu des 69 à 79 euros/MWhe proposés par les opérateurs, les tarifs d’achat annoncés par le Secrétariat d’Etat à l’Industrie pour l’électricité issue de la biomasse (bois issu de l’entretien de la forêt et des haies, déchets de bois ; biogaz issu de la fermentation des déchets organiques – déchets de cuisine, boues d’épuration, déjections d’élevages…) sont environ 2 fois moins élevés que ceux en vigueur en Allemagne.
Pour le photovoltaïque, le rapport est d’un facteur 3 !
En outre, le plus grand arbitraire règne dans les conditions de raccordement des producteurs au réseau électrique, avec des devis de connexion parfois totalement dissuasifs.
Paradoxe : la France possède le premier gisement européen de biomasse, et l’un des premiers en énergie solaire, mais l’écart avec l’Allemagne ne cesse de s’accentuer, pour ne citer en exemple qu’un seul des pays d’Europe qui ont opté pour des politiques fortes de soutien à la maîtrise de l’énergie et aux développement des énergies renouvelables. L’intérêt de la valorisation énergétique de la biomasse, comme celle de l’électricité photovoltaïque et de toutes les énergies renouvelables, ne devrait plus à être à démontrer : lutte contre l’effet de serre, moindre dépendance aux énergies conventionnelles (pétrole, gaz, uranium), réduction des risques, entretien des espaces ruraux, valorisation et gestion de déchets, maintien d’un savoir-faire technique et industriel et création d’emplois sur l’ensemble du territoire.
Nota : le tarif d'achat (0,15 euro le kWh ; 0,30 euro en Corse) pour l'électricité photovoltaïque a été publié au JO du 14/3/2002
Jean-Luc SONNIER Président de l’association SOLAGRO
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