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Le programme Roquefort (1993-1996) a permis la création d’une vitrine de 30 séchoirs solaires, dans le berceau du premier fromage « AOC » de France, le Roquefort. Il s’agit alors d’ atteindre, sur un territoire limité, un seuil de développement suffisant et donner ainsi une lisibilité à la filière tout en permettant d’évaluer ses incidences en termes :

  |  -énergétique (substitution d’énergies conventionnelles par une énergie renouvelable), -économique et social (modernisation et pérennisation des exploitations), -environnemental et paysager : à l’inverse de l’ensilage, qui privilégie le maïs ou le ray-grass, le séchage valorise des prairies qui ne présentent pas de risques pour l’environnement.
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La réalisation des installations fait appel à des techniques classiques du bâtiment et peut être, tout ou partie, réalisée en auto-construction.
La toiture de la grange est transformée en «capteur solaire» à air. C’est l’air qui circule entre la toiture « capteur » et un isolant qui sèche les fourrages par ventilation à l’intérieur de la grange. Les capteurs permettent une élévation de 5 ° par rapport à l’air ambiant. Ils doublent ainsi le pouvoir évaporatoire de l’air , garant d’un séchage rapide, plus sûr. Ils délivrent une énergie thermique gratuite et permettent une économie d’électricité, par la réduction du temps de ventilation. Le séchage en grange, qu’il soit ou non solaire, permet la mécanisation de la récolte, du séchage et du stockage -déstockage des fourrages.
Les étapes du programme
-actions de sensibilisation et de communication en direction des agriculteurs, -réalisation progressive des installations, -accompagnement des agriculteurs, mobilisation des artisans et opérateurs de la filière lait, -suivi des performances des installations (mesures sur site) -rédaction d’articles, journées de formation et d’information, -transfert du savoir faire de SOLAGRO, porteur du projet, vers les techniciens et structures de développement agricole, -création au terme du projet, d’une association d’agriculteurs dont l’objet est la promotion et le développement de la technique.
Intérêts environnementaux
Comparé à l’ensilage :
Valorisation de prairies naturelles riches en espèces ou à longue rotation , ce qui contribue au maintien des paysages traditionnels et à la réduction des intrants.
Comparé au séchage en grange conventionnel :
Limitation des rejets polluants dans l’atmosphère (CO2, SO2, N0x ) du fait du remplacement d’une part des énergies fossiles (fioul) par du solaire.
Intérêts énergétiques
Comparé à l’ensilage :
-moindre recours aux compléments alimentaires (qualité du fourrage), -baisse des frais vétérinaires et du taux de renouvellement du troupeau (voie de conservation sèche qui ne génère pas de germes pathogènes), -diminution du temps de travail, -amélioration de la qualité sanitaire du lait (listéria), -optimisation de la récolte (équipement, infrastructures), -maintien et création d’activités locales (artisans et distributeurs de matériel).
Comparé au séchage en grange « traditionnel » :
-récupération d’énergie gratuite, équivalente à 5000 litres de fioul par installation soit 120 tonnes équivalents pétrole pour les 30 séchoirs, -réduction de 40 % de la consommation d’électricité du fait de la réduction du temps de ventilation.
Intérêts sociaux-culturels
-renforcement de l’identité du terroir par l’amélioration de la qualité d’un produit emblématique, -satisfaction des agriculteurs de participer à la production de produits de qualité, conformes aux attentes des consommateurs -moindre pénibilité du travail par rapport aux autres techniques ce qui facilite l’appropriation de la technologie par les femmes. -maintien d’une population active, particulièrement dans les zones en déprise ou la main d’oeuvre peut faire défaut.
Résultats du programme
-10 séchoirs solaires au lancement du programme en 1993, 30 séchoirs supplémentaires dans la zone de Roquefort à la fin du programme, en 1996.
- une centaine de séchoirs au total en Midi-Pyrénées en 2001, ce qui témoigne de la dynamique de développement impulsée dans et au-delà de la zone «programme » (20 nouvelles installations en moyenne chaque année). - nombre d’emplois créés depuis 1996 (hors SOLAGRO) :1 emploi plein temps pour un « conseiller solaire » un 1/2 emploi au sein de la chambre d’agriculture de l’Aveyron.
SOLAGRO continue à promouvoir cette technologie sur d’autres bassins géographiques. Le solaire peut en effet être développé dans toutes les régions d’élevage laitier, ainsi que dans les zones de plaine, chez des agriculteurs soucieux de préserver l’environnement et d’améliorer la qualité des produits (et de la vie). Le séchage solaire n’est pas réservé aux fourrages : grains, plantes médicinales, raisin, ail, riz, morue, piments, ont fait l’objet de quelques expérimentations voire d’actions de développement. Le potentiel de cette technologie reste à valoriser.
Voir aussi : Résumé du rapport technique final 
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